La revue Tétralogiques en ligne

 

 

Une bonne nouvelle pour tous ceux qui s’intéressent au modèle de la Médiation :

 

 

La revue TETRALOGIQUES est désormais en ligne à l’adresse http://tetralogiques.fr/. Les articles (gratuits) sont téléchargeables en format pdf.

Vous trouverez le numéro 20 de la revue, qui abandonne le tirage papier. Au sommaire :

 Rappelons que Tétralogiques est une revue à comité de lecture fondée par Jean Gagnepain en 1984. Elle est actuellement publiée par le CIAPHS (Centre Interdisciplinaire d’Analyse des Processus Humains et Sociaux) qui a pris la relève du LAS ayant lui-même succédé au LIRL à l’Université de Rennes2.

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Nouveauté en podcast

Conférence de Jean-Claude Quentel :

L’enfant et la question du sexuel 

En podcast

Il n’y a pas plus de sexualité que de génitalité chez l’enfant, si l’on considère les concepts auxquels renvoient ces deux termes dans l’anthropologie clinique médiationniste. Freud parlait de sexualité de l’enfant, mais en termes de pulsion, de libido, c’est-à-dire de plaisir étayé sur des fonctions vitales mettant en jeu une partie du corps. Par conséquent, cette sexualité infantile n’a aucun objet sexuel, elle n’est pas orientée vers la reproduction, c’est un autoérotisme, une « perversion polymorphe » de la sexualité.

L’ethnologie, pour sa part, a montré que la faculté à faire du social produit une analyse de la différence des sexes et l’ordonne en différences sociales (voir la problématique de l’inceste). L’enfant connaît la différence des sexes mais il ne l’éprouve pas. Elle ne s’éprouve que lors de l’émergence à la Personne,  quand il s’opère une sexuation identitaire. C’est à ce moment là, que Freud appelle « puberté », que s’opère le choix de l’objet externe. La Médiation et le modèle freudien s’accordent à reconnaître que c’est dans cette période que s’établit la séparation tranchée de la différence des sexes.

L’enfant a une certaine connaissance de la sexualité, sans pour autant différencier socialement les sexes, et en même temps il fantasme sur la sexualité : fonctionnant au quatrième plan, il est dans la même problématique désirante que l’adulte. Il n’est donc pas naïf, il s’imprègne de tout ce que l’adulte lui livre. L’adulte, lui, se trouve en position de pouvoir par rapport à l’enfant, et ce pouvoir peut aussi dévier en abus de pouvoir. C’est là toute le problématique posée par l’hypothèse freudienne de la séduction et du fantasme, développée par Laplanche dans un ouvrage datant de 1987.

Aujourd’hui, la tendance à l’hyper-protection de l’enfant – consécutive à la place qu’il a prise dans nos sociétés- en a refait un « naïf » d’avant Freud. Alors que l’on déprécie l’adolescent, l’enfant est l’individu vierge qu’il faut protéger, et la figure de l’adulte qu’on lui présente tend à être celle d’un personnage potentiellement pervers. Mais, paradoxalement, nos sociétés proposent de la sexualité et de la séduction partout, et l’enfant les subit : on d’autant plus à le protéger qu’il y est soumis. Il s’ensuit un processus de refoulement massif, et que l’on renonce à lui présenter rationnellement la problématique de la sexualité.

Le « sexuel » n’est plus analysé de manière satisfaisante dans nos sociétés.

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