Nouveaut en podcast

Confrence de Jean-Claude Quentel :

Lenfant et la question du sexuel

En podcast

Il n’y a pas plus de sexualit que de gnitalit chez l’enfant, si l’on considre les concepts auxquels renvoient ces deux termes dans l’anthropologie clinique mdiationniste. Freud parlait de sexualit de l’enfant, mais en termes de pulsion, de libido, c’est--dire de plaisir tay sur des fonctions vitales mettant en jeu une partie du corps. Par consquent, cette sexualit infantile n’a aucun objet sexuel, elle n’est pas oriente vers la reproduction, c’est un autorotisme, une « perversion polymorphe » de la sexualit.

L’ethnologie, pour sa part, a montr que la facult faire du social produit une analyse de la diffrence des sexes et l’ordonne en diffrences sociales (voir la problmatique de l’inceste). L’enfant connat la diffrence des sexes mais il ne l’prouve pas. Elle ne s’prouve que lors de l’mergence la Personne, quand il s’opre unesexuation identitaire. C’est ce moment l, que Freud appelle « pubert », que s’opre le choix de l’objet externe. La Mdiation et le modle freudien s’accordent reconnatre que c’est dans cette priode que s’tablit la sparation tranche de la diffrence des sexes.

L’enfant a une certaine connaissance de la sexualit, sans pour autant diffrencier socialement les sexes, et en mme temps il fantasme sur la sexualit : fonctionnant au quatrime plan, il est dans la mme problmatique dsirante que l’adulte. Il n’est donc pas naf, il s’imprgne de tout ce que l’adulte lui livre. L’adulte, lui, se trouve en position de pouvoir par rapport l’enfant, et ce pouvoir peut aussi dvier en abus de pouvoir. C’est l toute le problmatique pose par l’hypothse freudienne de lasduction et dufantasme, dveloppe par Laplanche dans un ouvrage datant de 1987.

Aujourd’hui, la tendance lhyper-protection de l’enfant – conscutive la place qu’il a prise dans nos socits- en a refait un « naf » d’avant Freud. Alors que l’on dprcie l’adolescent, l’enfant est l’individu vierge qu’il faut protger, et la figure de l’adulte qu’on lui prsente tend tre celle d’un personnage potentiellement pervers. Mais, paradoxalement, nos socits proposent de la sexualit et de la sduction partout, et l’enfant les subit : on d’autant plus le protger qu’il y est soumis. Il s’ensuit un processus de refoulement massif, et que l’on renonce lui prsenter rationnellement la problmatique de la sexualit.

Le « sexuel » n’est plus analys de manire satisfaisante dans nos socits.

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Auteur : Bernard

Matre de confrences en information-communication. Retrait




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